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Biographie - 1999 - 2000 L'union fait la force Jamie Salé et David Pelletier prirent deux mois de repos avant de retourner s’entraîner sur la glace. La blessure au dos et le temps passé loin de la patinoire furent difficiles, autant pour Jamie que pour David, mais le couple réussit à retirer quelque chose de positif de l’expérience. « Après avoir été blessé, l’an passé, je crois que nous avons concentré nos efforts afin de devenir une meilleure équipe. Je crois que les meilleures sont celles qui peuvent passer à travers tout. Jamie et mes entraîneurs m’ont apporté beaucoup de support et nous sommes devenus plus forts en tant qu’équipe après la blessure. » (David Pelletier, Skate America, CTV, 1999) Lorsqu’ils retournèrent sur la glace, Richard Gauthier engagea la chorégraphe canadienne Lori Nichol afin qu’elle crée deux programmes de compétition. Lori savait exactement ce qu’elle voulait accentuer, avant même de commencer à travailler avec David et Jamie. « Le point clé avec Jamie et David est qu’ils ont tous deux une merveilleuse personnalité charismatique et qu’ils sont capables d’exprimer de la tendresse et des sentiments sur la glace. C’est ce que j’ai essayé de faire ressortir dans leur patinage. » (Stevens 1999) Lori Nichol pouvait clairement voir le potentiel du jeune couple. « On dirait qu’ils ont été faits l’un pour l’autre. Ils sont le genre d’équipe qui pourrait devenir légendaire. » Pour Jamie et David, avoir l’opportunité de travailler avec Lori Nichol était merveilleux. « Elle fait ressortir le meilleur de nous-mêmes. Elle savait dès le début de quoi le programme court devait avoir l’air. Lori avait déjà vu David patiner et parce qu’il est drôle, et à cause de ma personnalité, elle a cru qu’un tango serait approprié. » (Jamie Salé, conférence de presse des couples, Skate America, 1999) Le programme court, sur la musique de « Por Une Cabeza », le tango de « Il Postino », incluait tous les éléments difficiles avec une _expression presque comique à certains moments. La musique pour le programme long fut choisie d’après une suggestion de Marijane Stong. Lori Nichol créa une chorégraphie simple, légère et extrêmement efficace. « Leur programme long est sur la musique de "Love Story", qui leur convient parfaitement. Le rythme de la musique varie, ce qui leur permet de montrer toute leur énergie lorsqu’ils en ont besoin, et de l’économiser quand ils le peuvent. Leur _expression est si exquise qu’ils peuvent réduire une patinoire entière au silence pendant une pratique de "Love Story". Lorsqu’ils ont utilisé le programme à une compétition d’été à Montréal, ils ont reçu une ovation debout. Même les juges se sont levés et ont applaudi. » (Smith 1999) Le plus important de tout est que Jamie et David sont entrés en connexion avec le programme. « C’est encore plus amusant de raconter une histoire sur la glace que de faire élément après élément. » (Associated Press 1999)
Les premiers tests d’une nouvelle saison Jamie et David arrivèrent à Skate America une semaine avant le début de l’événement international de présaison. « Leur entraîneur, Richard Gauthier, a essayé d’éliminer tous les problèmes qui pourraient survenir à Skate America, incluant la différence d’altitude. Il les a amenés une semaine plus tôt pour leur donner le temps de s’habituer à la fatigue qui s’installe. » (Debbi Wilkes, Skate America, CTV, 1999) À Colorado Springs, Jamie et David devaient affronter les champions du monde, Elena Berezhnaya et Anton Sikharulidze. « Tout le monde s’attendait à ce qu’ils soient nerveux, puisqu’ils ne s’étaient jamais mesurés à Berezhnaya et Sikharulidze auparavant. Cependant, ils doivent le prendre comme une opportunité. Ils ont parlé de ces quelques mois après les championnats canadiens, où ils ont vraiment eu le temps de s’entraîner pour former une équipe efficace. » (Debbi Wilkes, Skate America, CTV, 1999) Les champions du monde se rendirent à l’événement en ayant l’air fatigué et peu préparés pendant que les Canadiens attiraient toute l’attention. « On dirait que cette semaine, partout à Colorado Springs, les gens parlaient de ce couple charismatique qui n’est même jamais allé à un championnat du monde ensemble. Aucun besoin de le nommer, quelqu’un d’autre le faisait. » (Smith 1999) Même si Jamie et David n’étaient pas convaincus qu’ils pouvaient remporter la compétition, leur entraîneur, Richard Gauthier, n’avait aucun doute que son équipe était prête. « L’idée de battre les champions du monde semble intimidante, mais Gauthier sait quel genre d’équipe il a entre les mains. Il les a vus chaque jour à l’entraînement et il savait qu’ils étaient prêts pour Skate America. "Leur but était d’être parmi les deux meilleurs", nous a-t-il dit. "Mon but était qu’ils soient premiers." » (Smith 1999) Lorsqu’ils prirent la glace pour leur programme court, la porte était ouverte pour Jamie Salé et David Pelletier, puisque les champions du monde venaient d’avoir une performance difficile, marquée par deux erreurs majeures. Jamie et David offrirent un programme parfait et se classèrent premiers après cette partie de la compétition. « Nous nous sentions extrêmement bien lorsque nous sommes arrivés sur la glace aujourd’hui. Dès que j’ai pris sa main, je savais que tout irait bien et que nous patinerions du mieux que nous pouvions. » (Jamie Salé, Skate America, CTV, 1999) Le jour suivant, Salé et Pelletier exécutèrent un programme long parfait, à l’exception d’un simple axel par Jamie vers la fin de la performance. Alors que leur programme long se terminait, Debbi Wilkes déclara : « C’est la combinaison parfaite. Ils ont réussi à capturer un thème dans le programme. Le patinage était exquis et la communication entre les partenaires a entraîné le public. J’en ai des frissons. » (Debbi Wilkes, Skate America, CTV, 1999) Jamie et David reçurent une ovation debout de la foule et des notes allant de 5.7 à 5.8 pour le mérite technique et de 5.8 à 5.9 pour la présentation. Avec deux performances solides, Jamie Salé et David Pelletier avaient gagné leur première compétition internationale et vaincu les champions du monde. « Je ne crois pas que nous sommes surpris par la façon dont nous avons patiné. Nous patinons comme ça en pratique. Nous étions très préparés. Nous sommes allés sur la glace et avons laissé les choses se faire. Nous étions un peu surpris du classement. » (Jamie Salé, conférence de presse des couples, Skate America, 1999) Leur victoire à Skate America prouva que Jamie Salé et David Pelletier pouvaient être comptés parmi les meilleurs couples au monde. « Ce qui est si merveilleux est qu’ils ne savent vraiment pas à quel point ils sont bons. Ils voient tout en terme d’opportunité et parlent très positivement des éléments, de bien les exécuter, d’aller de l’avant et de laisser les juges s’occuper du résultat. » (Debbi Wilkes, Skate America, CTV, 1999)
Sur la lancée Deux semaines après leur victoire à Skate America, Jamie Salé et David Pelletier se rendirent en Allemagne pour participer à la compétition de la Coupe des Nations. Pour la première fois de leur carrière, Jamie et David sentirent la pression des attentes. « Salé et Pelletier ne purent participer aux championnats du monde à cause d’une blessure, mais ils ont tellement attiré d’attention cette saison qu’une équipe de la télévision ABC les a suivis toute la semaine, en Allemagne. » (Smith 1999) Avec toute l’excitation reliée à leur présence et le fait qu’elle et David étaient éprouvés par le décalage horaire, Jamie admit par après qu’elle a eu de la difficulté à dormir avant leur performance. À la Coupe des Nations, Jamie et David continuèrent de surprendre lorsqu’ils vainquirent les médaillés d’argent aux derniers championnats du monde, les Chinois Xue Shen et Hongbo Zhao. Par contre, Salé et Pelletier ne remportèrent pas l’événement et terminèrent deuxièmes derrière les russes Maria Petrova et Alexsei Tikhanov dans les programmes court et long, malgré le fait que quelques spectateurs et médias crurent que les Canadiens auraient mérité de gagner la compétition. Leur seule erreur dans le programme long fut une chute par Jamie sur un double axel. Lorsqu’ils quittèrent la glace, Jamie pointa son épaule gauche. « Salé est durement tombée sur un double axel pendant le programme long, ce qui causa un hématome sur son épaule gauche. Cependant, elle déclara que cela ne devrait pas être un souci pendant leur prochaine compétition, la Coupe de Russie, la semaine prochaine. » (Smith 1999) Même s’ils ne gagnèrent pas à la Coupe des Nations, la deuxième place de Jamie et David fut suffisante pour leur garantir une place à la finale des Grands Prix, qui aurait lieu en janvier à Lyon, en France. Jamie et David étaient heureux d’avoir la chance de se mesurer aux cinq meilleurs couples au monde à la finale. « Nous sommes très heureux de nous rendre à la finale. J’ai rêvé un jour que j’allais y aller et aujourd’hui, c’est la réalité. C’est aussi très bien d’être constants pour deux compétitions de suite. Je suis très heureux d’être où je suis. » (David Pelletier, Coupe des Nations, CTV, 1999) Jamie et David retournèrent au Canada pour une semaine avant de se rendre à St-Petersburg pour prendre part à la compétition de la Coupe de Russie, où ils devaient rencontrer de nouveau le couple avec qui ils avaient partagé le podium en Allemagne. Malheureusement, Jamie et David durent se retirer de l’événement lorsque David se retrouva avec une intoxication alimentaire, la veille du programme court. Déçus, ils retournèrent à la maison afin de commencer à travailler sur un nouveau programme long avec Lori Nichol, puisque pour la première fois dans l’histoire du sport, tous les patineurs devaient exécuter deux programmes longs à la finale des Grands Prix.
Le début des championnats En janvier, Jamie Salé et David Pelletier se rendirent à Lyon, en France, pour affronter les cinq meilleurs couples du monde à la finale des Grands Prix. Pour Jamie et David, la finale était le premier événement international significatif auquel ils participaient, puisqu’ils avaient manqué les championnats du monde de la saison précédente. Ils choisirent d’utiliser leur programme long "Love Story" pour la première ronde de la compétition. Leur performance sembla forcée et Salé et Pelletier commirent une légère erreur lorsque Jamie toucha à la glace avec sa main pour garder son équilibre à la réception d’un triple salchow lancé. « On dirait que le stress de David, ou l’adrénaline, a eu le meilleur de lui à quelques reprises dans ce programme. Tout cela est une question d’expérience. » (Tracy Wilson, Finale des Grands Prix, CTV, 2000) Jamie et David reçurent des notes qui variaient de 5.5 à 5.7 pour le mérite technique et de 5.5 à 5.9 pour la présentation. Ils se classèrent quatrièmes après la première ronde de la compétition. Jamie et David choisirent de patiner sur leur programme court pour la deuxième ronde. Dans un événement où toutes les équipes firent très bien, Salé et Pelletier commirent une erreur lorsque Jamie manqua légèrement la réception de son triple boucle piquée. Jamie Salé et David Pelletier terminèrent cinquièmes et ne réussirent pas à se classer pour la grande finale. Tous deux étaient satisfaits de leur performance, mais un peu déçus de ne pas avoir la chance de montrer leur nouveau programme long, "A Place in the Sun". « Je crois que dès que nous sommes arrivés ici, nous n’étions pas au maximum de nos capacités, mais nous avons fait du mieux que nous pouvions à chaque pratique. Nous sommes très satisfaits de ce que nous avons accompli ici, cette semaine. » (Jamie Salé, Finale des Grands Prix, CTV, 2000) Après la finale des Grands Prix, Jamie et David retournèrent au Canada afin de s’entraîner avant de se rendre aux championnats canadiens. Aux nationaux, ils admirent que la finale des Grands Prix avait été une excellente expérience pour eux. « Participer à la finale fut très bon pour nous. Je n’étais pas à mon maximum lorsque je m’y suis rendu, alors je crois que ce fut très positif pour moi de patiner et de le faire comme nous l’avons fait. Par la suite, nous sommes venus ici en nous sentant confiants, très en santé et satisfaits de nous-mêmes. » (Jamie Salé, championnats canadiens, CTV, 2000)
Compétition ou couronnement Jamie Salé et David Pelletier arrivèrent à Calgary, pour les championnats nationaux, en créant une vague d’excitation chez le public et chez les médias. Pour Jamie, le fait de prendre part à une compétition à Calgary était comme de le faire à la maison puisque qu’elle fut élevée à Red Deer, en Alberta, ville située à environ une heure et demie au nord de Calgary. En fait, Jamie plaisantait en disant qu’une section complète du public serait composée de ses amis et de sa famille. « Le Saddledome est là où tout a commencé pour moi. Je me souviens d’avoir écouté mon premier grand événement de patinage artistique, les Jeux Olympiques de 1988, quand j’avais neuf ans. Je me souviens d’avoir regardé la bataille des Brian et Liz Manley remporter sa médaille d’argent. C’était vraiment excitant pour moi; et me voilà aujourd’hui, de retour à Calgary, dans l’édifice où s’est déroulé mon premier grand événement. Je suis très excitée d’être ici. » (Jamie Salé, championnats canadiens, CTV, 2000) Jamie Salé et David Pelletier étaient considérés, sans aucun doute, comme les favoris chez les couples, malgré le fait que Kristy Sargeant and Kris Wirtz avaient remporté le titre pour les deux dernières années. Jamie et David exécutèrent un programme sans erreur, parsemé de deux réceptions plutôt difficiles. « Nous avons eu un petit problème. Le saut lancé était un peu trop haut et Jamie a livré une bonne bataille pour l’atterrir. Pour égaler le tout, j’ai du livrer une autre bataille avec mon triple boucle piquée. » (David Pelletier, championnats canadiens, CTV, 2000) Le programme fut léger, comique et charmant et, à la suite de ce dernier, Jamie et David se retrouvèrent dans la première position qui leur avait été prédite. « Nous sommes très heureux, bien entendu » rayonnait Salé. « Nous étions tous deux un peu nerveux. C’est très différent d’être au Canada et aux nationaux, mais nous étions confiants et tant qu’il me regarde en souriant, je sais que tout ira bien. » (Brennan 2000) Pour les éléments requis, Salé et Pelletier reçurent des notes allant de 5.6 à 5.8 et chaque juge leur accorda un 5.9 pour la présentation. « Merci aux juges, merci à Jamie. Avec son sourire, il est facile de mériter des 5.9. C’est épatant de voir des 5.9 partout sur le tableau de résultats, ça te fait sentir très bon. » Salé rougit, Pelletier sourit. Ce qui devait arriver était arrivé. Ils ont mérité le succès qu’ils ont eu cette saison. (Canadian Press 2000) Deux jours plus tard, Jamie Salé et David Pelletier prirent la glace pour leur programme long, à la suite d’une excellente performance de la part de Sargeant et Wirtz. Salé et Pelletier offrirent un programme sans faute, à l’exception d’un simple axel par Jamie, et tout le monde présent sut, avant même qu’ils aient terminé, qu’ils venaient de gagner les championnats canadiens. Jamie et David reçurent une ovation debout de la part du public et bon nombre de spectateurs avaient les larmes aux yeux, causées par l’émotion de la performance. Les juges donnèrent des 5.8 et 5.9 pour le mérite technique à Salé et Pelletier et, comme par miracle, Jamie et David reçurent cinq parfaits 6.0 pour la présentation, ce qui marqua la première fois que la note parfaite de 6.0 était accordée à un couple dans un championnat canadien. « J’en pleurais. C’était différent de tout ce que j’ai déjà vu dans le patinage en couple », confia ensuite Underhill. « Je n’ai jamais ressenti quelque chose de la sorte avec aucun couple dans le monde. Être capable de faire cela dans une atmosphère de compétition et de nous emporter à ce point est quelque chose de vraiment extraordinaire. » (Brodie 2000) « Ce que nous avons vu aujourd’hui allait au-delà du patinage artistique. C’était un grand moment pleinement reconnu dans l’histoire du sport au Canada. C’était cinq 6.0. Aucun autre couple canadien n’avait reçu de 6.0 auparavant. Encore plus présent était le sentiment, la réalisation d’avoir accompli quelque chose d’exceptionnel, quelque chose d’extraordinaire, quelque chose d’exquis. » (Jones 2000) «J’adore comment il ne la quitte jamais des yeux et elle ne le quitte jamais des yeux », dit Underhill. « C’est tellement électrique. C’est tellement, tellement magique. » (Buffery 2000) Jamie et David étaient presque bouche bée après l’événement. « Je suis totalement dépassée. J’étais plus nerveuse à cette compétition que je l’ai été toute l’année. J’ai un sentiment absolument incroyable. » (Jamie Salé, championnats canadiens, CTV, 2000) Avant même que le couple ait reçu ses médailles, leur entraîneur parlait de la possibilité d’en recevoir une aux championnats du monde, en mars. « Gauthier dit que ses patineurs sont capables de se retrouver sur le podium des championnats du monde au premier essai. "Sans aucun doute", dit Gauthier. "Ils ont battu tous les meilleurs couples au monde lors de différentes compétitions alors je ne vois pas pourquoi ils ne pourraient le refaire." » (CP 2000) Les réactions à leur performance furent difficiles à comprendre pour Jamie et David. « Lorsque les gens disent que nous avons "quelque chose", je ne sais pas de quoi ils parlent. » dit Pelletier. « Ce que j’ai, c’est du plaisir à patiner avec Jamie et j’espère que nous continuerons à patiner comme ça jusqu’à la fin. » (Francis 2000) Pour ce qui est du futur, Jamie et David se montrèrent plus prudents que leur entraîneur et rappelèrent à tout le monde qu’il s’agissait de leur premier championnat du monde ensemble. « Nous allons avoir du plaisir. C’est tout. Si ça arrive [remporter une médaille], je payerai une bière à tout le monde ! » (Buffery 2000)
La vie après la perfection « Salé et Pelletier retournèrent à la maison, après les championnats canadiens, accueillis par d’immenses louanges sur la dernière semaine. Cependant, ils étaient conscients qu’ils ne peuvent échanger un article de journal contre une médaille internationale. "Tout le monde parle des 6.0 et je n’arrive pas encore vraiment à y croire, c’est extraordinaire." dit Salé. "Nous avons tout mis de côté maintenant et nous essayons de nous concentrer sur notre prochain but. Nous ne nous arrêtons pas sur le passé, même lorsqu’il s’agit de quelque chose de positif." » (Stubbs 2000) Le prochain but de Jamie Salé et de David Pelletier était les Championnats des Quatre Continents, à Osaka, au Japon. Ils débutèrent l’événement avec un programme court parfait et Jamie commit deux erreurs légères sur ses doubles axels pendant le programme long. Malgré les fautes sur ses derniers sauts, le "Love Story" de Jamie Salé et David Pelletier se mérita un autre parfait 6.0 pour la présentation. « Nous nous sentions très confortables. Nous avons passé un bon moment et tout s’est déroulé facilement. » (Jamie Salé, Quatre Continents, CTV, 2000)
Un début aux Championnats du monde Jamie Salé et David Pelletier arrivèrent aux championnats du monde à Nice, en France, en créant une vague de trépidation. « De grandes choses sont attendues de Salé et Pelletier cette semaine. Chaque partie d’eux les rend capables de gagner. Cependant, il s’agit de leur première fois aux championnats du monde, alors il serait plutôt audacieux de leur prédire la victoire. » (Stevens 2000) « Notre entraîneur, Richard Gauthier, a dit à ma mère de venir. Il lui a dit qu’on allait gagner. Il lui a dit : "Tu ferais mieux d’être là car s’ils ne gagnent pas cette année, ils gagneront l’an prochain." Il ne nous dit jamais ça. Il ne nous dit jamais : "Vous allez gagner", mais il a dit des choses du genre à d’autres pendant toute l’année et tout ce qu’il a prédit est arrivé. Nous pensons qu’il est fou. On en rit, car on ne pense jamais de cette façon-là. On n’est même jamais venus aux championnats du monde ensemble avant. » (Jones 2000) Il y avait de grandes attentes pour Salé et Pelletier à leurs premiers championnats du monde, surtout après la disqualification des champions en titre, Elena Berezhnaya et Anton Sikharulidze. « Ils ont la pression d’être les tout nouveaux champions canadiens. Ils sentent aussi la pression des attentes que le monde du patinage artistique a envers eux, en conséquence à une saison exceptionnelle. » (Debbi Wilkes, Championnats du Monde, CTV, 2000) Durant le programme court, Jamie Salé et David Pelletier exécutèrent de parfaits triples boucles piquées côte à côte, ne montrant aucun signe de nervosité jusqu’à ce que l’impensable se produise. Jamie accrocha une carre en commença les pirouettes côte à côte et même si le couple était capable d’exécuter l’élément sans problème, leurs notes furent sérieusement diminuées. « Je me concentrais seulement sur cette stupide pirouette parce que Dave et moi la prenons toujours pour acquis. Tout était normal sur ma carre, mais à la dernière seconde, lorsque j’ai déplié mon genou, ma lame a bloqué. Je ne pouvais qu’espérer et prier que j’allais continuer à tourner et n’allais pas avoir à poser mon pied sur la glace. C’était un sentiment horrible. » (Jamie Salé, Championnats du Monde, CTV, 2000) Jamie Salé et David Pelletier reçurent des notes allant de 5.5 à 5.8 pour les éléments requis et de 5.7 à 5.9 pour l’impression artistique. Classés troisièmes après le programme court, les deux patineurs exprimèrent leur soulagement d’en avoir fini avec cette première partie de la compétition. « J’étais tellement nerveux! Oh mon Dieu! Je crois que je vais prendre ma retraite et cultiver des fleurs lorsque je retournerai chez moi! » (David Pelletier, Championnats du Monde, CTV, 2000) Pour ce qui est de leur classement, Jamie commenta en disant : « La troisième place est parfaite, on ne pourrait demander mieux. Nous sommes très satisfaits de la façon dont nous avons patiné, et comme Dave a dit, nous étions nerveux. Nous étions nerveux mais excités de patiner. Nous avons eu du plaisir ce soir. » (Championnats du Monde, CTV, 2000) Dans le programme long, Jamie Salé et David Pelletier étaient assez bien classés pour gagner une médaille, même l’or. Pour ajouter à l’excitation, Salé et Pelletier étaient les derniers à patiner. Ils avaient tous les deux l’air calme et concentré lorsqu’ils prirent la glace, mais, dès les premières secondes du programme, Jamie éprouva de la difficulté avec le triple boucle piquée. Elle ne put obtenir assez de rotation pour l’atterrir correctement et continua à avoir des problèmes avec tous ses sauts individuels pendant le reste du programme. Jamie et David quittèrent la glace avec un air stupéfait et elle pleura ouvertement dans le « Kiss and Cry » lorsqu’ils reçurent leurs notes. Salé et Pelletier se firent accorder des notes allant de 5.4 à 5.6 pour le mérite technique et de 5.8 à 5.9 pour la présentation. Comme petite victoire, ils purent se féliciter d’avoir été les seuls à se mériter la note de 5.9 en présentation. « Je sais qu’ils ont vécu beaucoup de stress cette semaine. Je sais qu’il aurait été merveilleux d’avoir une médaille, mais Jamie et David ont un merveilleux futur qui les attend. Ils ne devraient pas être découragés, ils devraient être fiers de ce qu’ils ont accompli en si peu de temps. » (Debbi Wilkes, Championnats du Monde, CTV, 2000) Dans une entrevue après l’événement, Jamie parla du programme : « Avant que nous commencions, j’étais capable de visualiser la foule et les larmes lorsque nous aurions terminé. Après la boucle piquée, tout a été fini pour moi. Tout était négatif. J’ai commencé à me dire "Ça va être un désastre." » (Stubbs 2000) « Après la boucle piquée, David m’a dit "Ce n’est pas grave, reste concentrée." J’ai essayé de rester concentrée mais je n’avais pas manqué de triple boucle piquée de l’année. Après le premier saut, j’étais vraiment vraiment découragée. » Son entraîneur, Richard Gauthier, ajouta : « Le premier saut l’a comme déstabilisée. Elle les réussit toujours. Après, elle a aussi manqué le prochain. Si nous avions eu des années et des années d’expérience, elle aurait su que même si elle en manquait un, elle aurait le suivant. » (Milton 2000) La culpabilité de Jamie était visible dans ses larmes. "David a tout donné et je nous ai abandonnés tous le deux. Je voulais pleurer sur la glace." Elle le fit lorsque leurs notes furent affichées et dans les coulisses. Elle le fit encore pendant les entrevues pour la télévision et finalement, devant les journalistes de la presse écrite. Pelletier, le cœur gros, répondit à la majorité des questions, affichant un calme mature alors qu’il affrontait la musique. » (Stubbs 2000) Quelques jours après l’événement, Jamie et David parlèrent de ce qui était arrivé, de ce qu’ils ont retiré de l’expérience, et de ce qu’ils ont appris sur leur partenaire. « Je sais à quel point il a du être difficile pour lui de donner tout ce qu’il avait pendant que tout était de ma faute. Cela a du être très difficile et il l’a extrêmement bien géré. Ça m’a vraiment aidée à accepter ce qui était arrivé plus rapidement. » (Jamie Salé, Championnats du Monde, CTV, 2000) À propos de Jamie, David confia : « Elle est forte. Deux jours après la compétition, elle avait tout accepté. Quand ce genre de choses arrive, tu peux rester bloqué dessus et le traîner jusqu’à la prochaine saison, mais je ne crois pas qu’elle va faire ça. La partie la plus difficile pour moi était de la voir dans cet état. Ça me brisait le cœur, et c’était la même chose pour Richard. Personne ne le fait exprès et nous avions fait tout ce qui nous avions à faire cette année, alors c’était vraiment triste. » (Championnats du monde, CTV, 2000) « Nous devons nous souvenir que notre objectif était de nous placer parmi les cinq premiers et nous avons réussi, ce qui est très bon pour nos premiers championnats du monde. Peut-être que ça n’est pas arrivé comme nous espérions que ça arrive, mais c’est tout de même génial d’être parmi les quatre meilleurs couples au monde. À quoi sert une médaille si tu n’as pas bien patiné? » (Milton 2000) Pour ce qui est de la nouvelle saison, David dit que le couple sera mieux préparé aux compétitions. « Nous savons maintenant comment c’est de patiner dans le dernier groupe, même aux championnats du monde. Si ça arrive l’an prochain, nous serons capables de mieux le gérer. En deux ans, nous n’avons jamais vraiment eu de mauvaise performance. Nous nous demandions souvent comment on se sent après et c’est épeurant, car c’est l’inconnu. Maintenant, nous savons comment on se sent et ce n’est pas si grave après tout, car le lendemain, on se réveille et le soleil est là, les sourires sont de retour. Le seul chiffre que j’ai en tête maintenant est quatrième ; nous sommes quatrièmes au monde et il y a de quoi être fiers. » (Championnats du Monde, CTV, 2000) « Tout arrive pour une raison. Peut-être que nous n’étions pas encore prêts à gagner une médaille. Je crois que nous avons appris plus de la semaine qui vient de se terminer que nous l’aurions fait si nous avions gagné une médaille. Cela m’a pris sept championnats canadiens avant de gagner mon premier titre senior. Quel est le problème si cela me prend deux championnats du monde? » (Stubbs 2000) Plusieurs partageaient l’opinion de David, incluant Doug Leigh, qui déclara après que Salé et Pelletier quittèrent la glace : « Ils viennent tout juste d’apprendre la leçon qui fera d’eux des champions du monde. » (Championnats du monde, CTV, 2000) « Les plus grands arbres poussent au Canada car ils peuvent résister à tout : au froid, à la chaleur, à la neige, à la pluie et au vent. Nous serons plus forts dans les heures, jours et mois à suivre grâce à ce que nous venons de vivre. » (Stubbs 2000) Jamie promit : « Nous allons nous concentrer sur la prochaine saison et ça en sera une bonne. » (Championnats du Monde, CTV, 2000)
SOURCES BRENNAN, Tom, Coming Out, Calgary Sun 28 2000 BRODIE, Rob, A Perfect Pair, Ottawa Sun, 30 janvier 2000 BUFFERY, Jeff, Fans Love this Emotional Pairs Story, Toronto Sun, 30 janvier 2000 FRANCIS, Eric, Something Very Special, Calagary Sun, 30 janvier 2000 JONES, Terry, On the Edge of the Dream, Edmonton Sun, 26 mars 2000 JONES, Terry, Love Conquers All, Edmonton Sun, 30 janvier 2000 MILTON, Steve, Medal Dream Ends for Salé, Pelletier, CTV Sportsnet, 29 Mars 2000 Salé, Pelletier Turn in Prefect Routine, CP, 30 janvier 2000 Salé and Pelletier First in Pairs, CP, 28 janvier 2000 SMITH, Beverly, Pair Put Canada Back of Figure Skating Podium, 1er novembre 2000 SMITH, Beverly, Salé and Pelletier second in Germany, head to Grand Prix, 15 novembre 1999 STEVENS, Neil, Salé and Pelletier prepare for meet in Russia, Canadian Press, 16 novembre 19999 STUBBS, Dave, The Glass is Half Full, The Montreal Gazette, 31 mars 2000 STUBBS, Dave, Love Story has Sad Ending, The Montreal Gazette, 30 mars 2000 STUBBS, Dave, Life after Perfection, The Montreal Gazette, 7 février 2000
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