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Biographie - 2000/2001

Une nouvelle saison

Après les championnats du monde, Jamie et David prirent quelques temps pour réfléchir à la saison qui venait de se terminer. « Ça a été un moment très difficile pour moi. Je me sentais comme une ratée. Ça a été un dur coup parce que nous savions que la porte était ouverte et que c’était notre chance de gagner une médaille. Nous avions été si constants toute l’année et je ne comprenais pas ce qui m’était arrivé. Je n’étais pas trop nerveuse, j’étais assez préparée, je n’étais pas fatiguée, tout allait comme ça devait aller et bang, c’était terminé. »

Après un certain temps, il est devenu évident pour David que Jamie avait de la difficulté à passer par-dessus sa performance de Nice. « Pour moi, parce que tout était correct le jour suivant, elle devait être correcte. Ça m’a pris un bout de temps avant de voir qu’elle n’allait pas si bien. En mai, j’ai demandé "Quel est le problème ? C’est arrivé il y a un mois, passons par-dessus." Pour pouvoir avancer, le couple a décidé d’aller voir un psychologue des sports. « Peut-être que c’est parce qu’il y a eu trop d’attention sur nous cette saison, peut-être que nous aurions été déçus même si nous avions gagné. Je me suis demandée "Pourquoi ça m’est arrivé?" et j’ai réalisé que je suis humaine. J’ai pensé à d’autres grands patineurs canadiens qui ont vécu ce genre de déception, Kurt Browning, Barb Underhill et Paul Martini, et j’ai pris conscience que cette saison et la prochaine sont nos objectifs, pas celle qui vient de se terminer. C’est comme ça que j’ai réussi à l’accepter. »

En préparation pour la prochaine saison, Lori Nichol fut de nouveau engagée pour faire la chorégraphie de deux nouveaux programmes. « Nous étions très inquiets et nous nous demandions comment nous allions surpasser le succès de Love Story. Lorsque nous avons parlé de nos nouveaux programmes avec Lori , elle nous a demandé de lui faire confiance. » dit Salé. « Et c’est ce que nous avons fait. » ajoute Pelletier. « La musique choisie pour le programme court est une version jazz du classique de Frank Sinatra, "Come Rain or Come Shine", alors que le programme long fut créé sur la musique de l’opéra "Tristan et Iseult", de Wagner. « Le programme long, une fable similaire à celle de Roméo et Juliette, est beaucoup plus mature que Love Story, voire un peu sombre. « Je viens l’éloigner de mon oncle, qu’elle s’apprête à épouser. », explique Pelletier. « Elle résiste, mais un peu plus tard, nous buvons du poison, devenons amoureux et mourons ensemble. Love Story a fait pleurer les gens dans plusieurs pays. Tristan et Iseult ne vous fera pas pleurer mais pourra plutôt vous donner la chair de poule. »

La chorégraphe, Lori Nichol, avoua que créer un programme qui succéderait à la réussite de Love Story avait été un défi. « C’était difficile de savoir dans quelle direction aller après Love Story mais j’ai déjà vécu des situations similaires et j’ai réalisé que rien ne peut être pareil. Rien ne peut remplacer la première fois que vous avez vu votre mari, rien ne remplace aucune première fois. Cependant, même si on ne peut le remplacer, mais on peut toujours faire du mieux qu’on peut d’une manière différente. J’ai écouté la musique de Tristan et Iseult pendant des années en attendant le jour ou quelqu’un pourrait patiner dessus. Pendant que je conduisais, je stationnais toujours mon auto pour l’écouter jusqu’à la fin en rêvassant au programme. Je crois que Jamie et David ont passé à travers assez de bons et de mauvais moments dans leurs vies pour pouvoir comprendre la musique. S’ils peuvent être à la hauteur d’un grand morceau de musique européen, cela augmentera leur cote. »

En cette saison pré-olympique, les attentes envers les champions canadiens étaient très élevées. « Leur entraîneur, Richard Gauthier, affirma sans hésitation qu’ils peuvent gagner les Championnats du Monde et les Jeux Olympiques. Les patineurs acquiescèrent, même si Pelletier blagua en se frappant le front, pour montrer son découragement envers la confiance débordante de Gauthier. « Richard n’a pas tort, nous avons assez de potentiel. », dit Salé. « Ce n’est pas hors de notre portée. Les Olympiques sont notre objectif, mais nous aimerions gagner à Vancouver pour nous lancer. Je crois que 2001 sera une année très spéciale pour nous. »


La vie après Love Story

En octobre, Jamie et David retournèrent à Colorado Springs pour la première compétition de la nouvelle saison, Skate America. À cause de ce qui s’était passé aux derniers championnats du monde, Jamie savoura une petite victoire personnelle lorsqu’elle réussit parfaitement le triple boucle piquée dans le programme court. « Salé admit "J’étais vraiment sur l’arrière de ma lame et je me suis sentie comme si je m’apprêtais à tomber." Cependant, elle est restée debout, lui procurant une victoire morale. » Avec un programme long solide, Jamie Salé et David Pelletier remportèrent la compétition et battirent les médaillés d’argent aux derniers mondiaux, les Chinois Xue Shen et Hongbo Zhao.

Une semaine plus tard, Salé et Pelletier participèrent à Skate Canada, où ils affrontèrent leur plus grosse compétition de la pré-saison, les deux derniers couples champions du monde. Nullement déstabilisés par leurs adversaires, Jamie et David se classèrent deuxièmes après le programme court, derrière les Russes deux fois détenteurs du titre mondial, Elena Berezhnaya et Anton Sikharulidze. « Cela ne nous intimide plus. » dit Salé. « Maintenant, nous sentons que nous sommes à notre place avec les meilleurs au monde. » Avec un programme long solide, Jamie et David surpassèrent les Russes et gagnèrent leur deuxième Grand Prix en autant de semaines. Jamie parla de leur performance après l’événement : « Nous nous sentions extrêmement bien. Nous voulions mieux patiner que la semaine passée et je crois que nous avons réussi. » Pelletier ajouta : « Nous sommes très fatigués. Les deux dernières semaines ont été lourdes en émotions. C’est agréable de gagner deux compétitions de suite, mais nous nous concentrons sur le mois de mars [les championnats du monde]. Je suis très heureux, mais nous prenons chaque chose à la fois. » À la suite d’une deuxième place au Trophée Lalique (le couple termina derrière Berezhnaya et Sikharulidze) et d’une victoire à l’Open du Canada, Salé et Pelletier prirent quelque temps pour se reposer durant le temps des Fêtes et retournèrent sur la glace afin de se préparer aux championnats nationaux et mondiaux.


Sur une vague

En janvier, Jamie et David arrivèrent à Winnipeg, pour les championnats nationaux, après avoir patiné avec l’ancien entraîneur de Jamie, au Royal Glenora Club à Edmonton. Tout le monde s’attendait à ce qu’ils défendent facilement leur titre et un de leurs compétiteurs, Kris Wirtz, fut cité dans un journal en disant : « La seule chose qui pourrait empêcher Jamie Salé et David Pelletier de gagner la médaille d’or serait de manquer l’autobus et l’avion. » À Winnipeg, Salé et Pelletier défendirent leur titre avec succès, en offrant une performance du moins imparfaite et qui ne mérita pas la série de 6.0 qu’ils avaient pu apprécier l’année précédente. « Je ne suis pas déçu, nous devons regarder l’ensemble. », dit Pelletier. « Je n’aime pas revenir sur le passé, mais l’an dernier fut notre meilleur championnat national. Évidemment, cette année ne peut être aussi bonne. Nous ne voulons utiliser aucune excuse, mais Jamie est très malade depuis deux jours et je suis très fier de la façon dont elle s’est débrouillée. »

Après les championnats canadiens, Jamie et David se rendirent à Salt Lake City pour prendre part à la compétition des Quatre Continents, où ils exécutèrent deux programmes parfaits et remportèrent la médaille d’or. Jamie et David étaient très satisfaits de leur performance alors que les championnats du monde n’étaient qu’à quelques semaines. « Je suis vraiment épatée de la façon dont j’ai patiné ici, à Salt Lake, sur la même patinoire où nous allons patiner l’an prochain pour les Olympiques. Pour ce qui est des mondiaux, je me sens très confiante envers l’année que nous avons eue. Chaque fois que nous avons gagné cette année, j’ai pensé que ça serait incroyable d’entendre notre hymne national à Vancouver, aux championnats du monde. » Avant ces championnats, Jamie Salé et David Pelletier avaient une dernière compétition, la finale des Grands Prix à Tokyo, au Japon.

La finale des Grands Prix est une compétition unique qui rassemble les patineurs qui ont accumulé le plus de points dans les compétitions de présaison. L’événement a un déroulement différent des autres et les athlètes doivent exécuter un programme court ainsi que deux programmes longs différents. Cela signifiait que Love Story, le programme qui avait reçu une réponse exceptionnelle des juges et de la foule la saison précédente, serait de retour. À la suite de leur performance, Jamie dit : « Nous nous sentions très bien. Nous avons eu beaucoup de plaisir. C’était un peu stressant puisque nous ne l’avions pas fait depuis les mondiaux l’an dernier. Nous ne l’avions pratiqué qu’environ quatre fois. C’était très plaisant et très facile de se mettre dans l’atmosphère et le public l’adore toujours. »


Redémarrant les rumeurs, Jamie éprouva de la difficulté avec le triple boucle piquée dans les trois rondes de la compétition à la finale des Grands Prix. Malgré leurs performances parfaites à Salt Lake City, Jamie commençait à exprimer de la frustration envers ses déboires avec le saut. « Je me suis vraiment battue cette semaine. C’est difficile quand quelqu’un chose vous retient. C’est difficile de croire que vous pouvez le réussir. » Dans ses commentaires, Tracy Wilson se montra très franche. « Ils ont gagné le programme libre sans les triples sauts côte à côte. Cependant, Jamie a un problème évident avec eux. La stratégie qu’elle a utilisée pour s’entraîner à réussir ce saut doit changer avant les championnats du monde, car ça ne fonctionne clairement pas. Zéro sur trois dans cette compétition. » Leur restant un mois avant les mondiaux, Jamie et David retournèrent au Canada afin de se préparer à la plus grosse compétition de l’année, les championnats du monde dans leur propre pays, à Vancouver.


Champions du monde

Les championnats du monde à Vancouver étaient les premiers à être tenus au Canada depuis 1996. La dernière fois que Vancouver les a accueillis, la compétition des couples fut remportée par deux canadiens, Barbara Wagner et Bob Paul. Dans le public de cette année, Jamie et David avaient de nombreux amis et membres de leurs familles, venus pour les encourager. « Je crois qu’il y avait plus de 100 de mes proches venus d’Alberta ici ce soir. », dit Jamie. Les semaines avant les championnats du monde ne se déroulèrent pas sans anicroche. « Après notre retour du Japon, un feu brûla un mur de notre condominium alors nous n’avions plus de maison. Après, mon automobile a été volée alors je n’avais plus de voiture. », commenta Pelletier. « Ça a été une très dure semaine. », ajouta Salé. Malgré leurs tragédies personnelles, David conserva son sens de l’humour classique. « Mon ami m’a dit qu’il allait laisser sa bicyclette à l’aéroport pour moi. Je lui ai dit que je n’en avais pas besoin, ma valise a des roulettes. »

Dans le programme court, Jamie Salé et David Pelletier ouvrirent avec leur toujours excellente triple boucle lancée, mais Jamie éprouva de la difficulté avec les triples boucles piquées côte à côte. Leurs notes allèrent de 5.4 à 5.6 pour les éléments requis et de 5.8 à 5.9 pour la présentation. À la suite du programme court, Jamie et David étaient troisième, la même position que l’année précédente au même point. N'importe laquelle des trois meilleures équipes pouvait remporter la compétition si elle gagnait le programme libre.

Les deux patineurs admirent qu’il était encore plus stupéfiant qu’ils ne l’avaient imaginé que de patiner devant une foule de leur propre pays. « Le programme court était très intimidant. », dit Salé. « J’en suis même presque devenue effrayée. Lorsque nos noms ont été annoncés et que nous nous sommes rendus au centre de la glace, je me suis dit "Wow" ». David plaisanta en disant : « Bien entendu, avoir 17 000 personnes derrière toi est mieux que devant toi. Quand tu arrives sur la glace et que tu as tous ces gens qui te regardent, c’est dur à décrire, mais j’adore ça. Nous l’adorons tous les deux. C’est parfait. »

« L’an dernier aux championnats du monde, nous étions troisième après le programme court. Nous pouvions gagner. Maintenant, tu te réveilles le jour du programme long et tu te dis "Wow, ça y est. Aujourd’hui est le jour où je pourrais devenir champion du monde." L’an dernier, nous n’étions pas prêts pour ça. » Le jour du programme long, Jamie, la plus superstitieuse du couple, cherchait un signe de ce qui allait arriver. « Ce jour-là, je n’étais pas capable de manger, car j’étais trop nerveuse. Je n’ai pas dormi du tout la nuit d’avant, car tout ce que je voyais était le triple boucle piquée et le double axel. Je pensais à Barb Underhill depuis que nous sommes arrivés, je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce qu’ils ont été les derniers à gagner au Canada. Nous étions assis dehors sur la rue, en train de boire un jus, quand Barb a tourné le coin. Plus tôt dans la semaine, j’avais fait une petite prière. J’ai demandé "Donnez-moi un signe, s’il vous plaît Dieu, donnez-moi un signe." et je crois que c’était mon signe. Nous avons parlé et lorsqu’elle nous a laissés, je tremblais, car elle m’avait vraiment fait quelque chose. Lorsque nous sommes arrivés à la patinoire, j’avais trop d’énergie. J’ai dit à Dave : "J’ai une mission à accomplir aujourd’hui." et il m’a répondu "Oui, moi aussi, mais pas avant six heures." »

Leur programme long, devant une foule comble, fut à couper le souffle. Dans l’ouverture du programme, Jamie atterrit un solide triple boucle piquée et le public rugit d’excitation. La seule erreur fut un simple axel par Jamie, qu’elle admit avoir été causée par une perte de concentration, car elle est devenue trop excitée. Alors que les patineurs complétaient élément après élément, ils trouvèrent difficile de se concentrer sur leur programme. En entrevue, Jamie admit : « Je ne pouvais pas arrêter de sourire. À chaque fois que nous réussissions un élément, je lui souriais, mais je voyais qu’il était très concentré. J’étais tellement excitée que tout aille si bien. » David ajouta en riant : « Je la regardais sourire et elle était supposée être en train de mourir! » Jamie compléta : « Je ne pouvais m’en empêcher, j’étais trop excitée! »

Alors que le programme se termina et que le couple prit sa position finale, Jamie répéta "Oh mon Dieu" encore et encore, arrivant à peine à croire en ce qui venait de se produire. Ils quittèrent la glace pour être pris dans les bras de leurs entraîneurs et se dirigèrent vers la zone du "kiss and cry". Lorsque les notes apparurent, elles étaient de 5.6 à 5.9 pour le mérite technique et le tableau s’emplit de 5.9 pour la présentation. Incapable de contenir ses émotions, David admit plus tard : « Maintenant je sais pourquoi s’est appelé le "kiss and cry" ».

Après une cérémonie de remise des médailles remplie d’émotion, Jamie et David furent félicités par leurs parents et purent partager des moments uniques avec eux. En entrevue, à la suite de l’événement, les deux patineurs éprouvèrent de la difficulté à décrire comment ils se sentaient. « Le sentiment de réussir devant une foule, à la maison et avec toute la pression était simplement incroyable. Toutes les sections du public étaient rouges et blanches et les gens criaient. S’il y avait une place où nous devions le faire, c’était ici, au Canada. » David se montra particulièrement émotif : « Vous me demandez lors du plus beau jour de ma vie d’essayer de décrire 20 ans de patinage en un mot. 20 ans de dur labeur et 20 ans de hauts et de bas… C’est difficile à décrire, j’ai tant de choses en tête en ce moment. C’est le plus beau jour de ma vie. »


Au sommet du monde

À la suite de leur victoire, Jamie et David eurent très peu de temps pour célébrer leur succès. Immédiatement après l’événement, le couple parti en tournée aux États-Unis, avec Champions on Ice. Jamie et David retournèrent rapidement au Canada pour faire un spectacle à Red Deer, la ville natale de Jamie, en Alberta. « Pour une fois, je veux revenir à la maison sans pleurer », dit Salé au public. « Je finis toujours par pleurer. Tout ceci est tellement extraordinaire. Je suis vraiment flattée que vous soyez tous si fiers de nous. Je m’entraîne maintenant à Montréal et revenir à la maison et voir que vous me voyez toujours de la même façon… Je suis tellement fière d’être à la maison et je vous aime tous très fort. » David fut aussi honoré plus tard dans l’été avec une parade dans sa ville natale, Sayabec, au Québec, ou l’aréna avait été renommé à son nom plus tôt dans l’année. Au spectacle de Red Deer, David plaisanta « Je crois qu’ils devraient donner son nom à une aréna, mais qui suis-je pour aller dire ça au maire! », dit-il en souriant. « Je sais à quel point patiner dans sa ville natale est important. L’an dernier, nous l’avons fait dans la mienne lorsqu’ils ont donné mon nom au centre. C’est un sentiment très spécial. J’aimerais que Jamie puisse le ressentir. »

Pendant leur séjour en Alberta, Jamie et David assistèrent à une réception donnée en leur honneur au Royal Glenora Club d’Edmonton, où une bannière portant leurs noms fut suspendue à côté de celles des autres champions du monde qui se sont entraînés au club. « Lorsque je m’entraînais ici, je regardais ces bannières en me disant qu’un jour, j’aurais aussi la mienne. », dit Salé. « Les bannières sont une très bonne source de motivation pour les enfants qui s’entraînent ici. » Pelletier fut spécialement touché par la réception. « Je crois que c’est encore plus spécial pour moi. En grandissant au Québec, j’entendais souvent parler du Royal Glenora Club avec Kurt Browning. C’était mon héros… En regardant les bannières ici, Kurt Browning, Kristi Yamaguchi… maintenant, mon nom est là aussi et je n’arrive pas à y croire. Je viens juste d’arriver au Club et mon nom est sur une des bannières. Tout est grâce à Jamie! »

En une courte période de temps, la vie de Jamie et de David changea énormément. « Je vois que ma vie a changé. C’est très facile à remarquer. », dit Pelletier. « Lorsque nous étions à New York, avec Champions on Ice, nous devions avoir trois journées de congé, mais nous avons été occupés pendant les trois jours. » Après avoir paru sur la page couverture du magazine Macleans, une semaine après les championnats du monde, Jamie et David accordèrent de nombreuses entrevues à la télévision et firent beaucoup d’apparitions en personne. « Beaucoup d’offres nous apparaissent en plein visage, dont un documentaire. », dit Pelletier. « Je ne veux pas faire de documentaire sur ma vie parce que j’ai une vie assez ennuyante. Nous ne comprenons pas vraiment pourquoi les gens veulent faire ce genre de chose sur nous. Qu’est-ce qu’il y a à dire? Je me lève le matin, je m’entraîne, je pratique mon programme, je fais de la compétition et je fais de mon mieux. Combien de personnes vont regarder ça? »

En plus de leur nouveau statut de célébrités, Jamie et David connurent une saison extrêmement prospère financièrement. Gardant tout en perspective, David plaisanta avec un journaliste. « Pelletier dit qu’il est un peu agacé du fait que tout le monde parle de combien d’argent ils ont fait récemment. "C’est moins que le joueur le moins bien payé de la LNH" Peut-être, mais depuis les championnats du monde, Jamie Salé et David Pelletier pourraient se promener sur n’importe quelle rue au Canada avec quelques centaines de joueurs de la LNH et les gens demanderaient "Qui est avec Jamie et David?" »


De retour à la maison

En juin, lorsqu’ils commencèrent leur préparation pour la saison des Jeux Olympiques de 2002, Jamie Salé et David Pelletier annoncèrent qu’ils quittaient leur entraîneur Richard Gauthier pour déménager à Edmonton, afin de travailler avec l’ancien entraîneur de Jamie (lorsqu’elle patinait en solo), Jan Ullmark, au Royal Glenora Club. Le déménagement, seulement quelques mois après leur victoire aux championnats du monde et moins d’un an avant les Olympiques, créa une vague d’attention médiatique.

Richard Gauthier déclara que Jamie voulait retourner à Edmonton pour être plus près de sa famille. Salé et Pelletier nièrent cette version, mais refusèrent d’expliquer la cause de la séparation en détail. Ce n’était pas parce que Jamie voulait retourner à la maison, mais bien à cause de certains problèmes présents avec Gauthier, problèmes qu’ils ont choisi de garder confidentiels en respect envers eux-mêmes et leur ancien entraîneur, qu’ils ont décidé de faire un changement lorsqu’ils sont revenus à Montréal, après un mois de tournée en Amerique du Nord. « Bien entendu, il y avait d’autres raisons que le désir de retourner en Alberta », dit Pelletier. « Nous avons expliqué ces raisons à Richard. Il y en a plusieurs et il a compris ce qu’il avait à comprendre. La décision a demandé beaucoup de réflexion et ne s’est pas prise en une journée. Aujourd’hui, je dors bien la nuit en sachant que nous avons fait ce que nous avions à faire. »


Leur nouvel entraîneur, Jan Ullmark, admit que les patineurs lui avaient parlé précédemment de faire un tel changement. « Je leur ai conseillé de ne pas quitter Montréal pendant l’année des Olympiques. Je ne savais pas qu’ils étaient intéressés à venir ici jusqu’à ce qu’ils téléphonent. Ils ont dit : "Nous avons décidé et nous venons avec toi." En travaillant avec Ullmark, les buts de Jamie et David étaient d’améliorer leur patinage individuel et d’augmenter leur vitesse. Jamie admit que la décision avait été très difficile à prendre. « Dave et moi avons perdu le sommeil à cause de cette décision, nous avons tant de choses en tête depuis deux semaines. J’étais épuisée. Nous avons été très heureux de travailler avec Richard et il a été une part de notre succès à ce jour. Il est un homme bien et nous nous respectons mutuellement. Espérons que nous resterons amis. Maintenant que je suis ici et même avec toute la frénésie, je me sens plus calme et prête à m’entraîner. »

Lorsque l’attention des médias diminua, le couple fut enfin capable de commencer le travail sérieux avec Ullmark. « C’est très bon pour Jamie d’être ici. Elle est dans une zone confortable. Jan est comme un deuxième père pour elle. », dit Pelletier. « Nous n’étions plus confortables où nous nous entraînions. Nous avions une façon différente de voir les choses. C’est une question de progrès. Si nous voulons améliorer notre patinage, je crois que nous devions venir ici. » D’une façon plus détendue, David plaisanta à propos du déménagement à Edmonton. « David Pelletier a deux plaintes à formuler à propos de sa vie à Edmonton. "Les Eskimos ne gagnent pas et je m’ennuie du français. À part ça, tout a été positif. Les services sont excellents pour nous, nos programmes s’en viennent très bien et il n’y a pas de trafic. C’est incroyable de voir combien d’énergie tu sauves en ne passant pas deux heures et demie dans une voiture à tous les jours." Pour Salé, qui tous les jours aborde un sourire aussi grand que les espaces de plein air d’Alberta, c’est un retour aux sources. Cinq jours par semaine, elle est de retour avec Ullmark, sur la glace familière du Royal Glenora, parmi ses amis et sa famille. "Je savais que tout irait bien ici, mais c’est peut-être encore mieux que je ne l’espérais. Tout va très très bien." »

Avant de déménager à Edmonton, Jamie et David passèrent quelque temps avec Lori Nichol pour créer leurs programmes olympiques. Leur programme court, un tango intitulé "Jalousie", fut créé avec l’aide du champion Kurt Browning. Pour Jamie et David, travailler avec le champion du monde à quatre reprises fut une merveilleuse expérience. « Nous étions un peu nerveux, car nous ne savions pas trop comment ça aller se passer. Il est un patineur en simple et je ne l’avais jamais vu travailler avec quelqu’un d’autre », dit Salé. Elle connaissait Browning pour s’être entraînée au Royal Glenora Club en même temps que lui et malgré que Pelletier l’ait rencontré plusieurs fois, il ne lui avait jamais vraiment parlé. « C’était comme un premier rendez-vous », dit Pelletier. « Je me demandais "Quel T-shirt devrais-je porter [pour la pratique]?" Il est une inspiration. » Louis Stong, l’ancien entraîneur de Browning, aida à planifier la rencontre. « Ils étaient ébahis », dit Stong. « David n’arrivait pas à y croire. Après, il n’arrêtait pas de dire "Oh mon Dieu, je n’arrive pas à croire que c’est arrivé." » La chorégraphie du programme long fut faite sur le deuxième concerto pour piano de Rachmaninoff. Les nouveaux programmes allaient être exécutés pour la première fois à Skate America, en octobre.