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Biographie - 1998/1999

Nouvelle équipe, nouveaux débuts

Au printemps 1998, Jamie Salé et David Pelletier étaient tous deux à la recherche d’un nouveau partenaire. En tant que patineuse en simple, Jamie trouvait extrêmement difficile d’atteindre le succès qu’elle souhaitait avoir dans les rangs seniors. « Les quatre dernières années, en simple, furent extrêmement frustrantes pour moi. J’adorais patiner seule… mais je m’étais plutôt convaincue que c’était ce que j’avais à faire. Je voulais essayer de réussir toute seule, mais lorsque j’ai atteint le niveau senior dames, tout a changé. Si tu n’as pas tous les triples, tu ne seras jamais parmi les meilleures. » (Skate Canada, CTV, 1998)

Durant sa carrière de compétiteur international, David Pelletier patina avec trois partenaires différentes. Il se sépara d’avec la plus récente, Caroline Roy, à la suite des championnats nationaux de 1998, se sentant extrêmement frustré. « Après les Canadiens de 1998, j’ai décidé d’arrêter de patiner pendant deux mois. Je me suis assis et j’ai écrit les critères que je recherchais chez une nouvelle partenaire. J’ai décidé que si je n’arrivais à trouver quelqu’un, j’allais tout simplement quitter. » (Skate Canada, CTV, 1998)

David Pelletier s’adressa à l’entraîneur Richard Gauthier afin qu’il l’aide dans sa recherche d’une nouvelle partenaire. « Quand David est venu à moi et m’a dit qu’il voulait que je l’aide à trouver une nouvelle partenaire, je lui ai répondu : "David, il y a seulement une fille avec qui je crois que tu devrais patiner : Jamie" » dit Gauthier. « Je savais que la chimie serait au rendez-vous dès le début. » (Associated Press, 1998) En février, David Pelletier et Richard Gauthier se rendirent à Edmonton pour un essai avec Jamie Salé. Celle-ci était très excitée à l’idée de patiner avec David : « Pendant toute ma carrière, j’ai voulu être parmi les meilleures et je veux patiner avec lui depuis trois ans. Finalement, je suis ici. » (Jamie Salé, Championnats canadiens, CTV, 1999)

Jamie Salé et David Pelletier avaient déjà fait un essai ensemble deux ans auparavant et avaient alors décidé de ne pas patiner ensemble. « Ce n’était pas le bon moment. Je suis sûr que si nous avions décidé de former un couple à ce moment-là, nous ne serions pas ensemble aujourd’hui. Tout arrive pour une raison », dit-il. « Le déclic ne s’est pas fait. » (Clearly 1999) Lorsqu’ils se sont rencontrés de nouveau, il y avait peu de doute que Jamie et David étaient destinés à patiner ensemble. « Après 20 minutes, je savais qu’ils l’avaient », dit Richard Gauthier. « La technique et le synchronisme sur plusieurs éléments étaient déjà là et parfois, cela prend toute une année. » (Stubbs 2000) À la mi-mars, Jamie déménagea à Montréal pour être entraînée par Gauthier au Club de Patinage Artistique de St-Léonard. David plaisantait en disant : « Il y avait seulement une fille qui pouvait patiner avec moi et il y avait seulement un gars qui pouvait patiner avec Jamie. C’était, je crois, moi pour elle et elle pour moi. La première fois que nous nous sommes pris la main, c’était tout simplement parfait. » (Skate Canada, CTV, 1998)

En plus des éléments techniques de leur patinage, Richard Gauthier savait qu’un autre aspect du partenariat devait être pris en considération. « J’avais vu Jamie aux niveaux junior et novice et je savais qu’elle et David avaient le même charisme et le même désir d’offrir de bonnes performances », dit Gauthier. « Cependant, je connaissais aussi la réputation de David et je lui ai dit que s’il ne pouvait contrôler ses émotions et faire que chaque jour sur la glace soit agréable, il ferait mieux de partir. » (Stubbs 2000)

Avant de former un couple, les patineurs ont tous deux accumulé beaucoup de frustration. « Quand je suis allé vers Richard, je n’étais pas exactement la personne que je suis maintenant. J’avais beaucoup de frustration à l’intérieur de moi causée par quelques mauvaises années et ce qu’il avait entendu à propos de moi n’était pas très positif. Je crois que sa plus grosse tâche n’a pas été de me montrer comment faire un double axel ou quelque chose du genre, mais bien de m’apprendre comment contrôler mes émotions et les faire fonctionner pour moi et non contre moi. » (David Pelletier, Championnats canadiens, CTV, 1999) Jamie était d’accord. « C’était très difficile lorsque nous faisions des éléments que nous savions que nous pouvions réussir. Au début, si on les manquait, c’était un désastre, la fin du monde. Aujourd’hui, nous rions des erreurs de l’autre. Je tombe pendant un saut lancé et il rit. Il blague en me demandant "C’est quoi ton problème? " » (Championnats canadiens, CTV, 1999)

Il est rapidement devenu très évident que Jamie et David étaient en train de développer une relation de travail très forte. « Elle vient à la patinoire et il ne m’arrive jamais de penser : "Je ne veux pas la voir ce matin." Elle a une très belle personnalité et son caractère est très fort. Je ne sais pas si je devrais dire ça, mais elle a une belle et forte personnalité. » (David Pelletier, Skate Canada, CTV, 1998) « La chimie que nous avons et la façon dont nous patinons… c’est incroyable. Je ne pensais jamais que j’allais trouver ça un jour. » (Jamie Salé, Skate America, 1999)

Alors que leur partenariat commençait à porter fruit, l’équipe fut sérieusement ralentie lorsque Jamie apprit qu’elle devait subir une chirurgie pour une tendinite qui s’était développée dans son pied. Le changement fut très difficile pour Jamie et David. « Nous regardions les autres équipes répéter leurs programmes et certains jours, c’était très dur », dit Pelletier. « Nous savions que nous devions prendre part à quelques compétitions pendant l’été et nous n’avions pas de programmes. » (Clearly 1999)

 

Être à la hauteur

Pendant l’été 1998, Jamie Salé et David Pelletier reçurent une invitation de l’Association Canadienne de Patinage Artistique pour prendre part à la compétition Skate Canada au début novembre. La possibilité de participer à un événement international était une merveilleuse opportunité pour la nouvelle équipe. « Ils ont progressé plus rapidement que je ne l’espérais. » dit leur entraîneur, Richard Gauthier. « Normalement, cela prend d’un an et demi à deux ans pour ressembler à une vraie équipe. Dans leur cas, ça a pris trois mois. (Clearly, 1999) Durant l’événement, Jamie se confia à Barbara Underhill. « Lorsque je l’ai vue ici pour la première fois, Jamie m’a dit « Nous étions tellement surpris d’être invités à Skate Canada. Nous arrivions à peine à y croire. Nous ne sommes ensemble que depuis si peu de temps. » (Skate Canada, CTV, 1998)

Dès qu’ils arrivèrent à Kamloops pour leur première pratique, Jamie Salé et David Pelletier attirèrent toute l’attention. « Ils vont si bien ensemble, ils sont si bons ensemble. Il est évident qu’ils sont très heureux de patiner en couple de nouveau. » (Barb Underhill, Skate Canada, CTV, 1998)

« Le programme court est plus "rock and roll" parce que la personnalité de Jamie ressort assez facilement sur la glace. Les gens arrivent à voir son visage assez facilement. Parce que nous sommes une nouvelle équipe, nous voulons montrer ce que nous avons de meilleur et nous voulions que tout le monde dise : "WOW, c’est une nouvelle équipe, regarde-les!" Ça ne peut pas être seulement correct, il faut que ça soit très très bon et très très nous. » (Jamie Salé et David Pelletier, Skate Canada, CTV, 1998)

À Skate Canada, Jamie et David offrirent un merveilleux programme court avec comme seule anicroche une réception sur deux pieds par Jamie sur les triples boucles piquées côte à côte. Les notes de Salé et Pelletier allèrent de 4.9 à 5.6 pour les éléments requis et de 5.2 à 5.7 pour la présentation. Jamie et David eurent un succès instantané autant auprès des juges que du public. « Ils ont ce qu’il faut pour être un excellent couple et ils sont tous les deux nés pour être devant le public. La foule est complètement avec eux. » (Barb Underhill, Skate Canada, CTV, 1998)

Jamie Salé et David Pelletier se retrouvèrent en seconde place après le programme court, une meilleure position que le couple le mieux classé au Canada, Kristy Sargeant et Kris Wirtz. « Ils ne pouvaient espérer un début plus solide à leur carrière. » (Rod Black, Skate Canada, CTV, 1998) Jamie et David étaient tous deux ravis par leur performance et par leur placement. « C’était fabuleux. Je crois que notre but aujourd’hui était seulement de nous faire voir et d’avoir du plaisir et nous avons certainement fait ça. » (Jamie Salé, Skate Canada, CTV, 1998)

Dans le programme long, Salé et Pelletier commirent quelques petites erreurs : Jamie atterrit encore le triple boucle piqué sur deux pieds, fit un simple axel au lieu d’un double et ils eurent un problème avec une portée. Malgré les erreurs, Jamie et David offrirent une merveilleuse performance, remplie d’énergie et de plaisir. Le plus récent couple au Canada continua de se faire remarquer. « Ils ont des mouvements uniques, ce qui les aide à se démarquer, et ils ont aussi une présence qu’aucun autre couple dans le monde n'a. » (Barb Underhill, Skate Canada, CTV, 1998)

« Nous savons sans aucun doute qui remporte le titre du couple le plus populaire de la semaine! » (Rod Black, Skate Canada, CTV, 1998) Lorsque la compétition se termina, Jamie Salé et David Pelletier se retrouvèrent en troisième place et avaient gagné une médaille de bronze à leur première compétition internationale. « Ils sont le couple le plus prometteur que j’ai vu au Canada depuis très longtemps. » (Rod Black, Skate Canada, CTV, 1998)

Jamie et David patinèrent sur « Don’t be Stupid » de Shania Twain pour la parade des champions. Le programme était énergique et amusant, tout en montrant leurs personnalités et leur sens de l’humour. David expliqua le choix de la musique : « Nous avons choisi de patiner sur Shania Twain parce que Jamie vient de l’Ouest et elle aime se tenir avec les chevaux. Elle est une vraie cowgirl alors elle m’a montré la danse qui va avec et on est sur la glace au galop ! » (Skate Canada, CTV, 1998) Lorsqu’ils quittèrent Kamloops avec une médaille de bronze, les gens s’intéressaient déjà au futur. « Ils pourraient déjà être l’équipe à battre aux championnats canadiens, à Ottawa. Quel début! » (Rod Black, Skate Canada, CTV, 1998)

 

Des nouvelles opportunités

Jamie et David reçurent une autre bonne nouvelle lorsqu’on leur demanda de représenter le Canada à la compétition Trophée NHK, à la suite d’une séance de monitorat avec un juge de niveau national et l’ACPA. L’équipe se rendit au Japon, en décembre, pour affronter les champions du monde du moment, Elena Berezhnaya et Anton Sikharulidze. « Tout cela vient en extra pour eux, c’est un bonus. Ils n’étaient même pas supposés être ici. » (Rod Black, NHK, CTV, 1998) Jamie et David offrirent un bon programme court et, avec quelques erreurs dans le programme long, terminèrent troisièmes dans l’événement. « C’est vraiment épatant quand on sait qu’ils ne sont ensemble que depuis six mois. Leur synchronisme, leur unisson est parfait. À part quelques fautes mineures, ceci est une performance qui devrait les rendre très heureux. Ils ont accompli tellement en si peu de temps. » (Barb Underhill, NHK, CTV, 1998)

 

Les championnats canadiens

Après s’être retrouvés deux fois sur le podium lors du circuit des Grands Prix, Jamie Salé et David Pelletier arrivèrent aux championnats nationaux en tant que favoris au titre de champions en couple. « Le progrès que Jamie Salé, de Red Deer en Alberta, et que David Pelletier, de Sayabec au Québec, ont fait en six mois a fait tourner les têtes et les a consacrés favoris au titre de champions canadiens en couple senior. » (Clearly 1999)

À Ottawa, Jamie continua d’avoir de la difficulté avec les triples boucles piquées côte à côte. Dans le programme court, elle tomba à la réception du saut, ce qui amena des notes de 5.2 à 5.4 pour les éléments requis, et de 5.6 à 5.8 pour la présentation. « Ils ont du style, ils ont du flair, mais ce soir, ils n’avaient pas les triples sauts côte à côte. » (Rod Black, championnats canadiens, CTV, 1999) Le couple se retrouva en deuxième place après le programme court.

Pour avoir une place sur l’équipe mondiale, Jamie et David avaient besoin d’une performance solide dans le programme long, afin de conserver leur deuxième position. Ils eurent beaucoup de pression de la part d’un autre jeune couple nommé Valérie Saurette et Jean-Sébastien Fecteau, aussi entraîné par Richard Gauthier. Jamie et David furent les derniers à patiner dans le programme long et, à part la réception du triple boucle piquée sur deux pieds et le simple axel par Jamie, la performance fut exceptionnelle. « Aucun autre couple dans le monde n’a cette capacité de donner ce genre de performance sous pression » (Barb Underhill, championnats canadiens, CTV, 1999) Jamie Salé et David Pelletier terminèrent deuxièmes, se méritant une place aux championnats du monde à Helsinki, en Finlande. « Il y a quelque chose à propos d’eux qui vous fait vouloir en voir plus. » dit Gauthier. « Ils captent votre attention. Jamie a un visage qui éclaire toute la patinoire. » (Smith 1999)

Malheureusement, une blessure allait éprouver Salé et Pelletier de nouveau. David commença à ressentir de la douleur au dos avant les championnats nationaux, qui fut diagnostiqué comme une hernie discale, peu après l’événement. David dut prendre du temps loin de la glace pour être soigné et le couple fut forcé de se retirer des championnats des quatre continents ainsi que des championnats du monde. Leur première saison ensemble était terminée et tout ce que le couple pouvait faire était se reposer, récupérer et se préparer pour la nouvelle saison à venir.

 

SOURCES

SPECTOR, Mark, Pelletier, Salé Surprise with 2nd in Pairs, 6 novembre 1998

Stojko Grabs First Place in Skate Canada, Associated Press, 5 novembre 1998

CLEARLY, Martin, Pairs Skaters Prepare for Spirited Battle, The Ottawa Citizen, mardi le 26 janvier 1999

SMITH, Beverly, Pair Put Canada Back of Figure Skating Podium, At Last: Salé and Pelletier turn heads with high-flying gold-medal performance at Skate America, Globe and Mail, lundi le 1er novembre 1999

STUBBS, Dave, Paired for Success, Montreal Gazette, 8 janvier 2000